
La Ligne de Front – Comité de Rédaction
Dans une tentative désespérée de consolider son régime autoritaire, le chef des milices de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) — l’une des forces les plus importantes de la contre-révolution —, le nommé Ahmed al-Sharaa (al-Julani), qui s’est autoproclamé « président de transition », a publié des décrets nommant plusieurs seigneurs de guerre à des postes de sécurité répressifs afin de resserrer son emprise sur le pouvoir. Cette structure répressive se compose principalement de trois niveaux : la Sécurité Nationale, la Sécurité de la Patrie et les Renseignements Généraux, dans une reproduction évidente des appareils de la junte effondrée d’Assad.
Par le biais de cette triade répressive, la volonté d’al-Julani de créer un équilibre entre les seigneurs de guerre qui l’entourent devient évidente, tout comme la poursuite de sa dépendance absolue à l’égard des figures de HTS, fondamentalement hostiles aux aspirations des masses populaires syriennes à la liberté et à la justice sociale.
Au sommet de cette pyramide autoritaire trône le soi-disant « Bureau de la Sécurité Nationale », dirigé par al-Sharaa lui-même, avec la participation des ministres de son gouvernement fantoche (Affaires étrangères, Défense et Intérieur) et du directeur des Renseignements Généraux. Ce bureau est chargé de définir les politiques internes de répression et de terreur, ce qui en fait de facto l’autorité absolue, suivi par le « Bureau de la Sécurité de la Patrie », récemment créé.
Dans ce dernier, le nommé Anas Khattab (Abu Ahmed Hudud) a été nommé directeur, tout en conservant ses fonctions de ministre de l’Intérieur. Cette mesure reflète la volonté de l’autorité thermidorienne de s’assurer que les appareils de sécurité restent sous la coupe d’une direction individuelle absolue, servant d’outil docile pour réprimer tout mouvement populaire et coordonner le travail de renseignement afin d’exécuter ses directives réactionnaires.
Quant aux « Renseignements Généraux », Abdul Qader Tahhan (Abu Bilal Quds) en a pris la présidence, devenant ainsi le bras exécutif de la brutalité au sein de l’appareil de sécurité. Ce qui frappe dans ces nominations, c’est la tentative de restructurer la répression en séparant le ministère de l’Intérieur de « l’Appareil de Renseignement », tout en confiant à Khattab des fonctions suprêmes qui garantissent sa loyauté totale et sa supervision directe sur ces organes.
De plus, ces nominations ont inclus le transfert de Hussein al-Salama (Abu Musab al-Shuhail) de son poste de chef de « l’Appareil de Renseignement » à celui de directeur adjoint du « Bureau de la Sécurité de la Patrie ». Cette décision intervient après sa participation à la quatrième conférence des « agences de lutte contre le terrorisme » aux Nations Unies, dans une tentative désespérée de cette autorité de se vendre sur la scène internationale et de se prosterner devant les puissances impérialistes.
Si ces nominations révèlent une architecture répressive visant à combler le vide laissé par l’ancien régime, elles réaffirment la volonté de cette autorité de monopoliser le pouvoir et d’établir une nouvelle dictature s’appuyant sur des loyautés personnelles et des seigneurs de guerre. Cela s’inscrit dans la continuité des mesures prises par cette nouvelle junte pour asseoir son hégémonie, exploiter les masses appauvries et appliquer des politiques néolibérales sauvages. Face à cela, les forces révolutionnaires et les masses laborieuses se doivent d’intensifier la lutte pour renverser cette autorité thermidorienne et bâtir une véritable république démocratique décentralisée fondée sur la justice sociale.





