
Le Parti de la Gauche Révolutionnaire en Syrie suit les grèves et les mouvements sociaux en cours dans plusieurs sites industriels de la banlieue de Damas, notamment les usines Zenobia et Madar, parmi d’autres lieux de travail ayant connu de telles activités ces dernières semaines. Des grèves ouvrières ont éclaté, auxquelles ont participé des centaines de travailleurs/euses, en signe de protestation contre la faiblesse des salaires, la détérioration des conditions de travail et la baisse continue du niveau de vie des travailleurs et de leurs familles.
L’importance de ces grèves ne réside pas seulement dans les revendications immédiates soulevées par les travailleurs, mais dans le fait qu’elles reflètent de manière tangible les contradictions sociales exacerbées que le pays vit depuis la chute du régime d’Assad et le transfert du pouvoir à l’autorité « Thermidorienne » régnante. Elles confirment que la classe ouvrière reconquiert sa combativité et son indépendance, qui étaient en sommeil depuis des décennies sous l’ombre de la dictature de la famille Assad, en particulier après une décennie et demie de guerre destructrice pour le peuple et les infrastructures du pays.
Après plus d’un an depuis l’arrivée au pouvoir de l’autorité des restes d’Al-Qaïda et de Daech, les conditions de vie des travailleurs/euses se sont dégradées. Les politiques néolibérales de l’autorité thermidorienne se sont aggravées, libérant le marché, la rentabilité, la privatisation et la restructuration, tout en continuant à faire peser le coût de ces politiques sauvages sur les travailleurs et les masses laborieuses, tandis que les positions de nouveaux segments de la bourgeoisie locale liés à la nouvelle autorité sont consolidées.
Ce qui se passe aujourd’hui dans les lieux de travail n’est pas seulement un différend sur les salaires ou les primes, mais une expression directe du conflit entre le travail et le capital, entre les producteurs effectifs de la richesse et les forces qui monopolisent le contrôle des moyens de production et de la richesse, et les redistribuent pour servir leurs intérêts de classe.
Les grèves en cours dans la banlieue de Damas acquièrent une importance particulière car elles brisent l’état de silence imposé par les régimes successifs à la classe ouvrière pendant de longues décennies. Car la grève n’est pas seulement un moyen de revendication, mais l’une des formes les plus importantes d’organisation et de défense collective des intérêts de classe des travailleurs.
Cependant, l’expérience confirme, en même temps, que les luttes disparates, aussi importantes soient-elles, affaiblissent la capacité de la classe ouvrière à contrecarrer les politiques de l’autorité et des détenteurs du capital si elles restent isolées les unes des autres. C’est pourquoi la tâche posée aujourd’hui est de savoir que la grève, quelle que soit sa forme, est une école de lutte pour la classe ouvrière. Cela souligne la nécessité d’œuvrer à la construction d’un mouvement ouvrier indépendant capable d’unir les divers foyers de lutte ouvrière dans le pays.
Le Parti de la Gauche Révolutionnaire appelle à la formation de comités ouvriers indépendants sur les lieux de travail, et à la construction de réseaux de solidarité et de coordination entre les travailleurs dans divers secteurs, en vue de construire des syndicats ouvriers indépendants incluant les travailleurs de l’industrie, des transports, des services, ainsi que des secteurs public et privé, et défendant des revendications communes fondées sur :
- L’augmentation des salaires et leur indexation sur le niveau des prix et le coût de la vie.
- La reconnaissance totale du droit à l’organisation syndicale indépendante, et le droit de manifester, de faire grève et de s’exprimer librement et indépendamment.
- L’arrêt des politiques de licenciement collectif, la réintégration des personnes licenciées, la formation de syndicats pour les chômeurs et la construction de réseaux de solidarité pour eux.
- La lutte contre les politiques de privatisation de l’autorité et le transfert des biens publics vers le capital privé.
- La défense du secteur productif local face au capital étranger et l’assurance santé pour les travailleurs/euses.
Les grèves actuelles ne sont pas un événement passager, mais un indicateur du retour de la classe ouvrière syrienne sur l’arène de la lutte sociale et politique après de longues années de répression et de fragmentation. Elles soulèvent à nouveau la question à laquelle l’autorité thermidorienne et les élites économiques tentent d’échapper : la classe ouvrière et les masses laborieuses sont celles qui produisent la richesse et les biens.
Nous affirmons que la lutte ouvrière pour les salaires et les droits est indissociable de la lutte pour la libération sociale et la fin de toutes les formes d’exploitation et de contrôle de classe. Pas de libération politique sans libération sociale.Vive l’essor de la lutte des travailleurs/euses et des masses laborieuses en Syrie.Tout le pouvoir et toute la richesse au peuple.Gloire aux luttes des travailleurs/euses.
Parti de la Gauche Révolutionnaire en Syrie
Damas, 10 juin 2026

