
La Ligne de Front — Raqqa
La ville de Raqqa a été le théâtre de manifestations rejetant le plan d’aménagement provincial pour la zone du « Nord des Voies » (Shamal al-Sikka), dans un climat de colère populaire croissante. Les résidents s’opposent fermement aux décrets d’expulsion et de démolition qui menacent des milliers de foyers dans le quartier.
Des centaines d’habitants des quartiers situés au nord des voies se sont rassemblés sur la place de la préfecture à Raqqa pour exiger l’arrêt immédiat des ordres de démolition et la révision du plan d’urbanisme. Ils ont souligné que ces terres et ces maisons appartiennent aux habitants depuis de longues années, rejetant leur classification en tant que « biens de l’État ».
Les manifestants ont brandi des pancartes contre le déplacement forcé, alertant sur les conséquences de ces décisions pour des milliers de familles qui risquent de perdre leurs logements sans aucune alternative de relogement ni indemnisation claire de la part des autorités compétentes. Les participants ont également exprimé leurs craintes d’être expulsés sous prétexte de « réorganisation », pour que la zone soit transformée en projets d’investissement et touristiques vendus au capital local proche du pouvoir ou à des capitaux étrangers.
Selon des sources locales, les décisions d’expulsion pourraient toucher environ 4 000 familles dans les zones du « Nord des Voies », suscitant une vaste vague de mécontentement populaire, surtout dans les conditions économiques et sociales difficiles que traverse la ville. En plus d’affamer les masses, le pouvoir thermidorien au pouvoir ajoute désormais le déplacement forcé à leurs souffrances.
Les manifestants ont confirmé la poursuite des protestations dans les jours à venir jusqu’au retrait du plan d’urbanisme, appelant les autorités à ouvrir un dialogue direct avec les résidents pour trouver des solutions garantissant les droits des habitants et préservant leur stabilité sociale et vitale.
Ce que les autorités appellent un « plan d’aménagement » n’est, par essence, rien d’autre qu’une opération de déplacement forcé sous une apparence technique, visant à faire place à des projets d’investissement qui profitent aux élites et aux riches, tandis que des milliers de familles sont poussées vers l’inconnu. La tentative de transformer les quartiers des pauvres en terrains de spéculation immobilière est un crime social qui appelle à une posture ferme. Elle expose l’hypocrisie des slogans qui chantent « l’intérêt public » tout en bafouant les moyens de subsistance des gens.
Le droit au logement n’est pas un privilège, c’est un droit inaliénable. Aucune autorité, quel que soit son prétexte, ne peut le violer sous le couvert de « biens de l’État » — une étiquette activée uniquement pour servir des objectifs commerciaux au détriment de la vie et de la dignité des citoyens.Aux habitants du « Nord des Voies » : Votre solidarité dans la rue est la seule soupape de sécurité face à cette voracité. Ne misez pas sur les promesses de ceux qui planifient la démolition de vos maisons ; misez sur l’organisation de vos rangs. Le pouvoir thermidorien — qui n’accorde de valeur qu’aux profits — ne comprend aucune autre langue que celle de la pression populaire unifiée sur le terrain.

