
La Ligne de Front — Alep
La région de Tarhin, dans la campagne orientale d’Alep, a été le théâtre ces dernières heures de manifestations menées par les propriétaires de « Hiraqat » (raffineries artisanales de pétrole brut) et les travailleurs du secteur du raffinage artisanal. Ils protestent contre les récentes décisions visant à arrêter l’activité de ces raffineries et à les démanteler, dans un climat de colère populaire croissante et de peur de voir des milliers de familles perdre leur seule source de revenus.
Les manifestants ont scandé des slogans exigeant la « démission d’Al-Qablawi », le responsable de la Compagnie Syrienne du Pétrole, tenant les autorités pour responsables de la détérioration des conditions de vie, et considérant les nouvelles décisions comme une menace directe pour les revenus de centaines de travailleurs du secteur du carburant artisanal.
Des sources locales ont rapporté que ces protestations faisaient suite à des mesures autoritaires visant à mettre fin progressivement aux opérations de raffinage artisanal, dans le cadre de plans que les autorités gouvernementales prétendent liés à la réduction des dommages environnementaux et sanitaires et à la régulation du secteur pétrolier.
Les manifestants ont également réclamé la mise en place d’alternatives économiques et de compensations appropriées avant toute application de décisions de fermeture ou de démantèlement, mettant en garde contre des répercussions économiques et sociales graves si les mesures actuelles se poursuivent sans solutions de rechange.
Dans ce contexte, les sources ont ajouté que le point de contrôle de la Sécurité Intérieure à l’entrée de la ville d’Alep a empêché les manifestants des raffineries d’entrer dans la ville alors qu’ils tentaient de se rendre sur la place Saadallah al-Jabiri pour protester.
Depuis des mois, la campagne orientale d’Alep connaît une tension croissante autour du dossier du carburant et du raffinage artisanal, dans un contexte de hausse des prix des combustibles et de diminution des opportunités d’emploi, ce qui a poussé les travailleurs de ce secteur à intensifier leurs mouvements de protestation et à faire pression sur le pouvoir pour qu’il revienne sur ses récentes décisions.
Les tentatives des autorités pour justifier la fermeture des raffineries sous prétexte d’ « environnement » ou de « régulation », en l’absence de toute véritable alternative économique, ne sont qu’un paravent pour une politique qui se moque du pain quotidien de milliers de familles dépendantes de ce secteur. Nous sommes face à un conflit entre un pouvoir réactionnaire qui impose ses décisions depuis ses tours d’ivoire, et des « travailleurs » confrontés à la faim et à un destin incertain au bas de l’échelle sociale.
Empêcher les manifestants d’accéder à la ville d’Alep et les encercler par la sécurité prouve que le pouvoir ne possède pas le langage du dialogue, mais le langage de la répression pour protéger ses intérêts et ceux de ses alliés. Nous, à « La Ligne de Front », organe du Parti de la Gauche Révolutionnaire en Syrie, affirmons que la solution ne commence pas par des décisions de démantèlement forcé, mais par la fourniture d’alternatives de développement dignes, élaborées avec la participation des travailleurs, plutôt que de les écraser sous le poids de décisions injustes.
Aux travailleurs du secteur du raffinage artisanal : Votre force réside dans votre solidarité de classe. Ne laissez pas votre destin être pris en otage par les décisions de fonctionnaires bureaucrates. Le droit au travail et à une vie digne n’est un cadeau de personne ; c’est un droit qui s’arrache par l’organisation et sur le terrain.
