
Le régime thermidorien, l’autorité contre-révolutionnaire, prétend organiser de nouvelles élections législatives le 5 octobre 2025, pour un parlement composé de 210 sièges. 140 de ces sièges seront élus par des corps électoraux et des sous-comités choisis par le chef de l’autorité, et 70 par nomination directe de sa part, dans le cadre d’une déclaration constitutionnelle transitoire temporaire, en plus du report des élections à Soueïda et dans les zones de l’Administration autonome à l’est de l’Euphrate.
Mais au-delà du langage officiel cosmétique, ce qui se passe n’est qu’une tentative désespérée de légitimer le pouvoir contre-révolutionnaire.
Le parlement envisagé est prédéterminé par l’ingérence du pouvoir exécutif via la nomination présidentielle, similaire aux listes fantômes étroitement liées aux appareils sécuritaires à l’époque du Baas, ce qui prive le processus de toute signification démocratique.
L’exclusion de vastes zones et le report du vote reflètent la poursuite de la politique d’exclusion et de division du peuple.
De plus, l’imposition de corps électoraux et de sous-comités contrôlés par les appareils sécuritaires du régime transforme les élections en une mascarade vide de sens.
Les véritables élections ne peuvent se réduire aux urnes seules ; elles supposent d’abord la liberté d’expression et d’organisation sans entraves, une justice et des médias indépendants, et la garantie de la participation de tous les Syriens, à l’intérieur du pays et dans la diaspora, sans exception ni peur. De plus, tout processus politique isolé des revendications sociales et économiques des masses—comme la justice, les services, le retour des réfugiés et la fin de la marginalisation—n’est qu’une couverture pour perpétuer le pouvoir de la minorité dominante.
Par conséquent, nous, du Courant de la Gauche Révolutionnaire en Syrie, considérons ces élections comme une étape formelle et factice, qui n’accorde aucune légitimité et n’ouvre aucune voie au changement. Nous appelons les masses populaires et les forces politiques à s’organiser pour résister à cette autorité réactionnaire et autoritaire, vers la construction d’une république démocratique décentralisée, qui reconnaisse le pluralisme, permette au peuple de gérer directement ses affaires depuis la base, fournisse le pain, la liberté, la dignité et l’égalité à tout le peuple syrien, et réalise la souveraineté et l’indépendance de la Syrie, libérée des occupations et du despotisme.
Notre position est claire :
Soit des élections démocratiques réelles, inclusives et transparentes, liées aux droits et aux besoins du peuple, soit un boycott révolutionnaire conscient, qui expose le régime et transforme la colère populaire en une pression organisée dans la rue, les usines, les universités et les quartiers.
Ce ne sont pas les élections truquées qui sauveront la Syrie, mais la volonté libre et organisée du peuple.
Tout le pouvoir et la richesse au peuple
Le Courant de la Gauche Révolutionnaire en Syrie
23 septembre 2025

